COLLOQUE DE PARIS: NOUS Y ETIONS!
Publié le 3 Juin 2013
Pour ceux qui n'ont pas pu venir, voici quelques échos du colloque de Paris. Tout d'abord, nous avons eu le plaisir de faire enfin connaissance "pour de vrai" avec un bon nombre d'entre vous: 8 familles de VALSAF ont pu faire le déplacement, ce qui nous a permis, au terme du colloque de prendre une belle photo de groupe:
à comparer à celle-ci, prise l'an dernier:
Cela fait plus sérieux, n'est-ce pas?
Au cours du Colloque, notre association a été vraiment mise en valeur, et nous en remercions SAF FRANCE et surtout son Président, Denis Lamblin.
Jeudi 30 mai, Mireille Mora et Sophie Pivetta ont participé à la table ronde "Attentes des services de l'adoption en France, des familles adoptantes et des familles d'accueil - Témoignages". Cette table ronde était dirigée par Catherine Dartiguenave (chargée de mission à l'Agence Française de l'Adoption) et le Dr Odile Baubin (Vice-Présidente d' Enfance et Familles d'Adoption).
Vendredi 31 mai, nous étions en plénière: "la parole aux familles". Nous avons présenté notre diaporama avec les témoignages que vous nous avez confiés, sur une musique de Léa, la belle-fille de Véronique. A la fin, Ouna (fille de Véronique) avait tenu à enregistrer quelques mots. Ensuite, nous avons lu, à deux voix, le témoignage de Martine et Jacques Schmelk de Strasbourg, qui avaient dû annuler leur participation à la dernière minute.
Nous avons également rencontré une maman biologique de la Réunion, Corinne, qui a raconté son histoire. La délégation réunionnaise était venue en nombre, nous avons bien sympathisé et on va s'écrire pour voir comment les familles de là-bas pourraient adhérer à notre association.
En ce qui concerne les communications, je ne vais pas vous faire un résumé de tout, ce serait trop long Par contre, quelques infos glanées deci-delà:
Dan Dubovsky (spécialiste du SAF U.S.A.) rappelle qu'il est important d'enseigner à nos enfants que demander de l'aide est une force et non une faiblesse.
Le Pr Philippe May (Université du Nouveau-Mexique, USA) nous a dit que très souvent un cap est franchi entre 25 et 30 ans, comme si la maturité arrivait, et que jusque-là, il faut tenir le coup.
Dorothy Schwab (thérapeuthe SAF à Winnipeg, Canada) nous apprend qu'à Winnipeg tout le personnel scolaire est formé, y compris les profs de gym et de musique, le personnel de cantine et les chauffeurs des cars scolaires. Ça laisse rêveur...
Linda Wason-Ellam (Saskatchewan) insiste sur le fait que le dessin est une activité cérébrale qui stimule les capacités du cerveau. Lors de l'apprentissage de la lecture, elle recommande de faire lire les mots et les images, puis de demander de dessiner l'histoire pour améliorer et enrichir sa compréhension.
Elle dit aussi qu'il faut toujours évaluer l'enfant de manière positive. S'il dit 5+4=8, dire "c'est presque ça", "tu vas y arriver", plutôt que "tu t'es encore trompé".
Denis Lamblin a raconté que, à La Réunion, ils ont maintenant une expérience de 17 années, unique en Europe. Il a dit encore qu'il faut aller vers les familles à risque et ne pas attendre qu'elles viennent, afin de rompre le côté "héréditaire" du SAF: "grand-mère buvait, maman buvait, je bois, mon enfant à naître est déjà intoxiqué,..."
Laurent Urso (addictologue, Lille) et Stéphanie Potier (psychologue, Roubaix) confirment que la remédiation cognitive est très utile pour les adolescents (voir sur ce blog l'article que nous y avons consacré). Elle vise à restaurer ou compenser des capacités cognitives.
Albert Chudley (Université du Manitoba, Canada) rappelle qu'il leur a fallu 30 ans pour obtenir des aides du gouvernement, et qu'il est démontré au Canada que la prévention coûte cinq fois moins cher que de prendre en charge les conséquences de l'alcoolisation foetale.
Au sujet des pistes pour l'avenir, Juliette Bloch (Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie) mentionne que la France est en train de se doter d'un plan "alcool" comme il y a un plan "cancer" ou "Alzheimer", et qu'en ces temps de restriction budgétaire, il sera plus économique de former les professionnels existants. Peut-être à l'image de l'Allemagne où un guide très complet d'aide au diagnostic a été envoyé à tous les médecins du pays.
Cependant, selon le Pr Puech, les bienfaits de la prévention ne sont pas encore entendus par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie.
Enfin, selon Albert Chudley, le diagnostic est primordial: les professionnels doivent offrir un diagnostic sûr pour être crédible auprès du gouvernement.
Il dit encore que, si l'autisme est maintenant bien pris en charge et accompagné, c'est parce que les autistes ont des parents disponibles et efficaces que, malheureusement, les enfants SAF n'ont pas forcément (On le voit bien dans notre association où ce sont les familles d'adoption qui sont majoritairement représentées).
Mais nous n'avons pas fait que travailler! Jeudi soir, Un quatuor de jazz exceptionnel nous a fait vibrer sur des standards inspirés par Chet Baker. Tous ces artistes sont venus généreusement soutenir nos associations.
Quelle soirée! Il fallait voir Benoît Sourisse à l'orgue Hammond et son complice et batteur André Charlier! Et Olivier Ker Ourio: je n'avais jamais entendu jouer de l'harmonica de cette façon-là ! Et Claude Egéa, le trompettiste! Tout le monde swinguait sur son fauteuil. Et pour finir, nous avons eu droit à une surprise: Jean-Marie Marrier, chanteur de rythm'n blues et ami de Benoit Sourisse, est venu nous chanter "Smile" (tiré du film "les temps modernes"): " Souris, si ton coeur est blessé...". Un grand moment...
Nous aurons dans quelques temps d'autres photos, dont nous ferons un album sur ce blog.
Je vais finir avec une jolie phrase citée par Annick de La Réunion:
"La vie dépend des verres avec lesquels tu la regardes"
(Luis Sepulveda)