Témoignages

1 - HISTOIRE D’UN SYNDROME D’ALCOOLISATION FOETALE DÉCOUVERT À L’ÂGE ADULTE

 

Histoire complète à lire page Histoire d'un SAF découvert à l'âge adulte

 

"Nous sommes parents adoptants de deux enfants nés en Pologne, dont un fils affecté par le SAF, diagnostiqué en mars 2011, à l’âge de 19 ans, à l’occasion d’un séjour au Canada."

 

Notre fils est né en 1991 en Pologne. Nous l’avons adopté à l’âge de 2 ans et demi. C’était un enfant calme (les Polonais disent « atone »), chétif et malingre, diagnostiqué intolérant au gluten. A son arrivée en France en janvier 1994, son comportement change très vite : il se change en enfant remuant, pleureur et coléreux. Dès son entrée à la maternelle, les problèmes commencent : « ne suit pas la consigne », « dissipé », « ne travaille pas »,« perturbe la classe », « perd ses affaires » seront les appréciations les plus courantes et qui le suivront tout au long de sa scolarité chaotique. Après deux redoublements, il quitte l’enseignement général en fin de 5ème pour une Maison Familiale Rurale, puis un lycée professionnel en fin de 3ème. La vie familiale est de plus en plus infernale. Nous voyons tellement de souffrance et de révolte dans l’attitude de notre fils que nous avons beaucoup de mal à résister psychologiquement. Je trouve enfin un soutien auprès d’une analyste qui me permet de ne pas couper la communication entre nous. L’ultime clash a lieu en avril 2010 : Notre fils quitte la maison sans finir son CAP et devient SDF. Nous le retrouvons en juin à Clermont-Ferrrand, avant de l’envoyer, en septembre et à sa demande, au Canada, en famille. Il est diagnostiqué en mars 2011 au centre Asante de Vancouver comme SAF complet.

Durant toute son enfance, aucun des professionnels de santé rencontrés n’a fait le lien entre ses difficultés et un alcoolisme maternel. Tout a été mis sur le compte du traumatisme de l’abandon. Le seul chirurgien qui a évoqué un possible alcoolisme maternel a parlé des malformations de la face, sans évoquer les conséquences cérébrales. Cet enfant a souffert pendant plus de 15 ans de l’ignorance du corps médical, et de l’incompréhension de ses parents et de ses professeurs. Il a été tenu pour responsable de ses échecs répétés alors qu’il était physiquement incapable de satisfaire à certains apprentissages. Nous nous sommes battus en aveugles contre notre enfant alors qu’il aurait fallu se battre pour notre enfant. Et encore cet été, à la Maison Départementale des Personnes Handicapées de Vaucluse, nous avons présenté le cas de notre fils à la psychologue de permanence. Elle ignorait la signification du sigle SAF et des notions associées.

 

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